L’héroïne de Travailleur Autonome City existe!

L’héroïne de Travailleur Autonome City c’est Caroline Bédard, PDG de l’Alliance québécoise des Travailleurs autonomes qui agit à titre de guerrière pour défendre et revendiquer les droits des travailleurs autonomes des Québécoises et des Québécois.Faire reconnaître le statut de travailleur autonome au Québec est son cheval de bataille, car présentement il n’est pas reconnu à juste titre par les banques et les gouvernements comme n’importe quel autre professionnel, un plombier par exemple.

 

Mais qui peut se définir comme travailleur autonome ?

C’est en fait une personne qui crée son travail et son revenu, qui facture sa clientèle, qui opère une entreprise, on parle ici par exemple : d’une femme de ménage, de massothérapeute, d’adjointe virtuelle… Le gouvernement mentionne souvent les médecins comme étant des travailleurs autonomes puisqu’ils ne sont pas des salariés de l’état alors que bien souvent ils ont des sociétés incorporées desquelles ils se versent un salaire puisqu’ils facturent le gouvernement (leur seul client) pour des services rendus. Les médecins ne sont pas travailleurs autonomes aux yeux de Caroline, qui défend son point de vue dans un article qu’elle a écrit et qui a paru dans le Journal de Montréal.

Des changements concrets pour aider les travailleurs autonomes

D’abord Caroline suggère d’augmenter le plafond de ce que Revenu Québec considère un « petit fournisseur » pour la TPS/TVQ afin de permettre la compétition juste entre travailleurs autonomes (à partir de 30 000$ de revenus taxables, vous êtes obligé de vous inscrire à la TPS/TVQ). Je prends comme exemple une femme de ménage qui facture pour 32 000$ annuellement, elle devra charger des taxes à son service alors qu’une autre qui facture pour 28 000$ ne les chargera pas à sa clientèle. Pour le consommateur qui ne récupère pas ses taxes d’achat, il est normal d’être tenté de choisir la moins dispendieuse (celle qui est 14,975% moins chère). Il en va de même pour d’autres professionnels tels que la massothérapeute qui charge 65$ pour un massage d’une heure alors que sa collègue chargera 65$ plus les taxes applicables, le commun des mortels va préférer choisir la moins chère. Celle qui charge les taxes pour un revenu de 4 000$ de plus par année est nettement désavantagée alors que l’on ne peut même pas dire qu’elle aura un revenu annuel décent.

L’accès au crédit est un autre enjeu important pour sa lutte au statut de travailleur autonome.

Statistiquement parlant, les banques ne prêtent pas aussi facilement aux travailleurs autonomes qu’à un salarié, car son revenu est moins garanti. Caroline souhaite mobiliser les gens à sa cause pour changer la situation afin de rendre le financement plus accessible pour les travailleurs autonomes. Présentement, les travailleurs autonomes doivent se tourner vers des ressources alternatives, par exemple :  fonds d’emprunt des Laurentides (microcrédit) alors que c’est 25 milliards de revenu annuel qui est généré par des travailleurs autonomes chaque année, ne devrait-on pas les prendre un petit plus au sérieux ?

Comment l’Alliance québécoise des travailleurs(euses) autonomes aide les entrepreneurs

L’Alliance QTA se veut être une boite à outils pour la formation des travailleurs autonomes. Elle se donne comme mandat de les encadrer et de les former sur divers sujets reliés à leur entreprise, non pas pour en faire des experts dans tous les domaines, mais pour qu’ils comprennent lorsqu’ils parlent avec leur comptable, avocat ou négocie leurs polices assurances. Apprendre le langage plus technique des professionnels va permettre au travailleur autonome de se sentir plus solide dans son entreprise et de continuer d’avancer avec passion.  L’alliance se veut être la petite tape dans le dos lorsqu’un travailleur autonome qui est souvent seul dans son bureau à la maison vit des défis et traverse un moment peut-être plus difficile.
Il existe d’autres ressources pour les travailleurs autonomes. Avec Emploi-Québec par exemple,  on a le soutien au travail autonome, le programme sélectionne des travailleurs autonomes qui ont droit à un revenu durant quelques mois afin qu’ils se consacrent au développement de leur entreprise, un peu comme l’assurance emploi pour un salarié qui se consacre à la recherche d’un nouvel emploi.

L’avenir de la culture entrepreneuriale

J’ai demandé à Caroline comment elle projette la culture entrepreneuriale dans plusieurs années. Le mot qu’elle m’a donné pour la décrire est la diversité. Comme nous avons de moins en moins de grosses entreprises qui embauchent des milliers de salariés, nous avons de plus en plus de travailleurs autonomes qui créer leurs entreprises pour combler un besoin précis. Des adjointes virtuelles, des journaliers contractuels pour combler des remplacements occasionnels dans les usines sont des exemples de travailleurs autonomes qui utilisent leur créativité pour se créer leurs propres emplois. L’avantage de travailler de la maison est également un enjeu important en raison des embouteillages, du temps perdu sur nos routes (et du confort de travailler en pyjama 😉 de temps en temps).

Qui sont les travailleurs autonomes aux Québec

Il y a très peu de travailleurs autonomes entre 18 et 25 ans selon les statistiques, l’âge que l’on retrouve en plus grand nombre est 50 ans et plus, on l’explique comme deuxième carrière. Après avoir travaillé comme salarié une partie de sa vie, le travailleur autonome décide enfin de vivre de sa passion. Il a cependant la responsabilité de comprendre toutes les parties de son entreprise. Bien souvent la créativité et la passion sont les moteurs de départ et ils doivent être préservés, car c’est l’essence même de leur entreprise, mais l’administration et la gestion, ça vient avec l’entrepreneuriat qu’on le veuille ou non. Cependant, se perdre dans les tâches administratives pour économiser des coûts ne sera peut-être pas bénéfique sur le long terme. Lorsque le travailleur autonome devient submergé par des tracas ou des tâches trop lourdes à gérer il y a un grand risque d’abandon et c’est ce que l’Alliance tente à tout prix d’éviter. On se rejoint d’ailleurs sur ce point Caroline et moi puisque c’est la même motivation qui m’a poussé à créer SERV-O, soutenir et accompagner les travailleurs autonomes et les petites entreprises dans leurs tâches organisationnelles, administratives et comptables à faible coût.

Et si on se mobilisait ?

Être travailleur autonome est un choix de vie, ce n’est pas parce que c’est nécessairement plus simple et facile. On entend souvent la phrase « vu que tu travailles de la maison tu ne travailles pas vraiment ». Si tu es travailleur autonome, tu as surement déjà entendu cette phrase alors que bien au contraire, cela nous demande encore plus de rigueur et de discipline pour s’assurer de ne pas vaquer aux tâches ménagères.
Ce que Caroline souligne, c’est que les travailleurs autonomes ont souvent leurs meilleures idées lors d’un creux. C’est dans ces moments de ralentissement qu’il en ressort un nouveau service ou un nouveau produit et toute la créativité de l’entrepreneur pour remonter la pente. C’est « le plus beau » du travail autonome, d’avoir la possibilité de mettre sa créativité au profit de son entreprise et d’innover pour servir la société.
Après tout, c’est 600 000 travailleurs autonomes au Québec qui font rouler l’économie. Le souhait de Caroline Bédard de l’Alliance québécoise des Travailleurs-euses Autonomes est de réussir à ce que les travailleurs autonomes se mobilisent, pour qu’un jour ils soient reconnus comme entité existante et importante qui amène de l’eau au moulin et dans les coffres de l’état.